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Le Progrès du  
05/05/17

« Le 8 mai 1945, avec les copains nous avons fait sonner les cloches pendant deux heures ! »

20/08/17

L'école communale hier et aujourd'hui

25/12/17

Simone Pauget et Jean Berry se souviennent des Noëls d’antan

02/04/20

Pierre Convert raconte son confinement durant la guerre d’Algérie

16/11/20

Le poids public, un outil indispensable dans le passé

27/12/20

Quand Jasseron avait son tramway

Le Progrès du 05/05/2017

« Le 8 mai 1945, avec les copains nous avons fait sonner les cloches pendant deux heures ! »

C’est l’un des derniers témoins Jasseronnais, de l’époque de la seconde guerre mondiale, et à 91 ans, Jean Berry, se souvient, comme si c’était hier, du mardi 8 mai 1945.

Natif de Jasseron, où il a été boulanger jusqu’en 1958, Jean Berry, est une mémoire vivante de cette période dramatique.

Dans les moindres détails, Jean témoigne et raconte son implication dans la résistance.

« Je suis rentré en résistance, à l’âge de 16 ans, sans que mes parents ne le sachent. Je travaillais à la boulangerie avec mon père, à partir de trois heures du matin ».

Mais pour Jean, la journée commençait bien plus tôt !

« Je me levais une heure ou deux avant, pour aller distribuer des tracts et des journaux, afin d’inciter les gens à faire face aux Allemands. Avec des copains, nous allions jusqu’à Bourg en Bresse, en vélo, bien sur. A cet âge, on ne se rendait pas compte du danger, nous étions tellement mordus ».

Durant ces années, le jeune résistant participe aux parachutages, et aux sabotages.

« Il y avait peu de parachutages autour de Jasseron, mais ils étaient importants. Les sabotages avaient lieu, sur la voie ferrée vers Tanvol. Avec les camarades du même âge, nous étions en couverture, car il y avait des spécialistes des explosifs. Nous étions informés des rendez-vous et des missions, par des messages apportés par des jeunes filles, qui les cachaient dans leur pompe à vélo ! ».

Des souvenirs, Jean Berry, pourrait les évoquer pendant de longues heures : le maquis, les accrochages avec les allemands, les miliciens, la libération de Jasseron le 1er septembre 44 ect...

« Le mardi 8 mai 1945, j’étais au fournil avec mon père, lorsque nous avons appris la fin de la guerre. C’est par la radio, que nous avons appris la nouvelle. Je suis allé tout de suite voir les copains, pour arroser cela ! Mais avant, nous sommes allés à l’église, et pendant midi, nous avons fait sonner les cloches, durant près de deux heures. Nous nous sommes ensuite, retrouvés à l’ancien hôtel de la terrasse à Jasseron. Chacun apportait quelque chose à manger et à boire. Il y avait un piano mécanique, et nous avons dansé une bonne partie de la nuit avec les filles. Le lendemain, nous sommes allés à Bourg, c’était la grande fête, il y avait des bals dans tous les quartiers ».

R.M..

Le Progrès du 20/08/2017

L'école communale hier et aujourd'hui

C’est en 1902, que la municipalité envisage de construire un bâtiment regroupant un nouveau groupe scolaire, la Mairie et un local pour abriter la pompe à incendie.

Les travaux débutent en juillet 1905 et le gros œuvre s’achève en avril 1906.

Le 3 août 1906, à l’occasion de la pose de la dernière pierre, la municipalité offre un banquet aux ouvriers qui ont construit l’édifice.

Deux classes sont installées dans ce tout nouveau bâtiment à la rentrée scolaire de 1906.

Une époque où on ne parle pas de rythmes scolaires et de TAP (temps d’activité périscolaire) !

Aujourd’hui, et à quelques jours de la rentrée scolaire, 190 enfants (répartis dans 8 classes) fréquentent le groupe scolaire et la Mairie s’est installée de l’autre côté de la rue.

R.M..

Le Progrès du 25/12/2017
Simone Pauget et Jean Berry se souviennent des Noëls d’antan

Simone Pauget (97 ans) doyenne de Jasseron et Jean Berry (91 ans) à l’approche des fêtes se souviennent de leur Noël, lorsqu’ils étaient de jeunes enfants.

Pour ces deux Jasseronnais d’origine, leurs Noëls d’antan sont bien loin de ceux que les enfants connaissent aujourd’hui.

« Mes parents étaient agriculteurs à Jasseron, ils n’avaient qu’une charrette tirée par un cheval. J’allais à l’école à pieds, à travers champs, chaussée de sabots.
Je ne suis allée à l’école qu’à l’âge de 7 ans, car il fallait aider à la maison, témoigne Simone, alors Noël n’était pas synonyme de fête et de cadeaux.
Les souvenirs que j’ai de cette période, sont les Noël ‘’fêtés’’ à l’école : il n’y avait pas de sapin, l’instituteur nous passait un film (on ne voyait jamais de film autrement) et à l’entracte on nous distribuait une orange.
A cette époque, il était très rare de manger des oranges !
Pour Noël, la chose la plus importante était la messe de minuit, il n’y avait que cela qui comptait.
J’y allais toute seule (et pourtant il faisait nuit noire).
J’aimais bien car je retrouvais mes copines.
Les cadeaux dont je me souviens ? une paire de chaussures (j’étais toujours en sabots) ou encore un tricot.
Une fois je me rappelle que j’ai beaucoup pleuré car toutes mes amies avaient eu une poupée, moi non.
Le repas de Noël se résumait à une poule, une brioche et parfois des pruneaux.
Pour les enfants, ces dîners n’étaient pas très gais, car les ‘’grands’’ ne parlaient que de la guerre de 14/18, et ceci a duré de nombreuses années ».

« Mes parents, explique Jean Berry, tenaient la boulangerie à Jasseron, de ce fait j’avais la chance, contrairement à Simone, de côtoyer beaucoup de monde, j’entendais beaucoup de choses !.
Ils passaient le réveillon devant le four, car c’était une grosse période pour le commerce comme maintenant.
Nous n’avions pas la place de mettre un sapin, mais j’étais tout de même gâté.
Ils m’offraient des oranges, des papillotes et un jouet qu’ils étaient allés acheté au Bazar Parisien à Bourg !
Aujourd’hui les enfants sont peut-être trop gâtés, mais c’est comme ça ! »

R.M..

Le Progrès du /04/2020

Pierre Convert raconte son confinement durant la guerre d’Algérie

Le confinement a replongé le Jasseronnais Pierre Convert, un ancien combattant, plus de soixante ans en arrière au moment où il effectuait son service militaire.

« Tout cela me rappelle la période que j’ai vécue à l’armée, se remémore Pierre Convert.
Je suis parti accomplir mon service militaire dans le service de santé des armées en octobre 1955 et après six mois passés en France, j’ai rejoint l’Algérie en mars 1956.
J’y suis resté vingt et un mois.
À Tadjerra (Algérie), j’étais infirmier sur un piton rocheux en plein bled.
L’antenne médicale à laquelle j’appartenais était composée d’un médecin – lieutenant appelé – et de trois infirmiers.
Nous pratiquions l’AMG (assistance médicale gratuite) auprès de la population des douars (groupements d’habitations) dans le bled.
Nous visitions ces villages deux fois par semaine pour consulter les indigènes.
Les visites étaient très strictes au point de vue du contact, de l’approche des patients et de la distribution des médicaments.
Elles se faisaient à bord d’une ambulance aménagée pour l’occasion.
Car en dehors de ces moments, ce véhicule devait être prêt pour toute autre intervention.
Ces visites étaient notre principale activité mais nous assurions également les patrouilles lors des ouvertures de pistes pour le passage des convois de ravitaillement du poste.
Nous acheminions également le courrier et les repas. »

Une épidémie de grippe asiatique
Mais au mois de juillet 1957, Pierre et son régiment (une centaine d’hommes) sont contaminés par une épidémie de grippe asiatique.

« Au départ, poursuit Pierre Convert, pas moyen d’établir l’origine de cette maladie.
Dans un premier temps, il a fallu parer au plus pressé.
À ce moment-là et comble de malchance, notre médecin lieutenant était parti durant trois jours pour un convoi de ravitaillement.
Avec l’épidémie, il n’est jamais revenu au camp.
Étant le caporal-chef le plus ancien, le capitaine me désigna pour faire face à cette épidémie.
Durant un mois, et suivant la gravité des malades, il a fallu confiner la moitié du régiment.
Pour ce qui est des médicaments, on nous les envoyait par les airs.
L’avion passait en rase-mottes et larguait les colis.
Au contact du sol, toutes les boîtes de produits étaient éventrées et il fallait les récupérer sur plus de 500 mètres.
Les activités ont pu reprendre normalement après un confinement strict et, fort heureusement, il n’y a pas eu de décès pendant que j’étais là-bas ».

R.M..

Le Progrès du 16/11/2020
Une équipe de soldats basée à Jasseron

Si le poids public avait disparu sous une épaisse couche de végétation, oublié de tous, il a pourtant été un outil public indispensable il y a quelques générations.

Bernard Soret, président des Amis de Jasseron, a retrouvé des archives qui lui ont permis de retracer son histoire.

Une histoire pendant soixante-dix ans
La bascule communale a été construite en 1892 par la municipalité de Jasseron, dont le Maire était à l’époque Benoit Triquet.
Le petit bâtiment abritait un système de pesage officiel à la disposition de tous mais utilisé principalement par des agriculteurs.
À cette époque, bien des communes disposaient de cet équipement qui permettait de peser des denrées agricoles comme le foin, la paille, le bois ou même les betteraves, mais également chevaux, veaux, vaches, bœufs, ou cochons pour les vendre en fonction de leur poids.
Une personne assermentée, appelée le préposé, opérait et délivrait un bon de pesage.
La charge à peser était disposée sur la plateforme de pesage située juste devant le bâtiment.
Un système complexe de leviers, installé dans une fosse sous la plateforme était relié à l’appareil de pesée positionné dans le bâtiment qui fonctionnait sur le principe de la balance romaine.
L’utilisation de la bascule a été arrêtée dans les années 1960.

Une utilisation indispensable pour la vie locale.
Dans les documents retrouvés par Joël Fraysse, dans sa maison, à côté de la bascule, et qu’il a offert aux Amis de Jasseron, on peut lire qu’en 1933, la mission de préposé était assurée par Joseph Vieux.
Celui-ci demeurait au n° 36 de la rue Charles Robin, près du poids public. En plus de cette activité, il exerçait le métier de charron forgeron (fabrication, notamment, de chars à roues en bois).
Son épouse élevait quelques vaches.
Dans ces années, le registre de suivi des pesées enregistrait un peu plus d’une trentaine d’opérations par mois.

D.D.

 

La souche du bon de pesage n° 496 avec l’exemplaire destiné à monsieur Provel qui devait vendre un veau de 74 kg à Monsieur Moissonnier, boucher, qui exerçait son activité à l’emplacement de la boucherie aujourd’hui fermée.
Pour ce pesage le veau était attaché sur la plateforme.

la souche du bon n° 85. Monsieur Cornaton indique la vente d’un camion de foin à Jules Soret. On peut lire le poids brut, la tare (poids du camion) donc le poids net du foin de 1984 kg.
Il apparaît également le prix du pesage de 2,50 francs, au profit de la mairie.

Article complet repris partiellement sur le Progrès du 27/12/2020

Quand Jasseron avait son tramway

Dans ses recherches sur l'histoire de Jasseron, Bernard Soret, président de l'association des Amis de Jasseron, à retrouvé des documents écrits en 1973 par Pierre Cousson qui permettent de retracer l'histoire du tramway qui traversait Jasseron naguère.

Dès 1906, suite à l'engouement des populations rurales pour les lignes déjà en service entre Bourg et Villefranche, Trévoux et Saint-Triviers de Courtes, Ambérieu et Cerdon et Virieu et Ruffieu, , le Conseil Général de l'époque décide de créer un deuxième réseau de Tramway à vapeur pour voie métrique.

Le département concède à la Compagnie des Tramways de l’Ain, constituée pour l'occasion, outre les lignes de Cerdon à Nantua, Saint-Martin-du-Fresne à Brénod et Brénod à tenay, mais également celle qui doit relier Bourg à Macon en parcourant une grande boucle qui longe, pour une partie, les flans du Revermont au nord et pour laquelle Jasseron est la première étape.

Pourtant, précédemment, la ligne de chemin de fer entre Bourg et La Cluse avait été déviée par Ceyzériat suite au refus des Jasseronais d'accueillir le chemin de fer.

Un long itinéraire entre Revermont et Bresse
Le tracé du tramway est compliqué à réaliser car il nécessite des acquisitions de terrains qui sont difficiles à négocier avec les propriétaires
Il longe la route de Bourg jusqu'à la gare de Jasseron qui se situe au carrefour des Boissets. Puis le train repart en direction du nord par le bas du village pour rejoindre la route de Meillonnas après le cimetière.
Jasseron possède une gare constituée d'une bâtisse de deux pièces, d'un bureau, d'une salle d’attente, disposés au niveau du sol, avec un guichet vitré. Accolé à l’édifice est construit un quai découvert à hauteur de plancher des wagons.

La section de Bourg à Treffort est inaugurée 14 juillet 1913.

Avant le raccordement à Bourg-Mail, les trains partent de la gare logée de Bourg-Central, emplacement de l'ancienne caserne des pompiers.
Le site du dépôt des machines et de l’atelier de réparations n'est autre que le bâtiment utilisé longtemps comme garage des PTT, puis comme parking pour la piscine Carré-d'eau à l'angle de l'avenue des sports et de la route de Jasseron.

Le passage des trains s’effectue plusieurs fois par jour à Jasseron.
Un train remonte le matin à huit heures avec le service postal pour redescendre à 17 heures.
A midi, il est possible de se rendre à Mâcon et en revenir. Une receveuse gère la gare de Jasseron.
Une équipe de trois ou quatre hommes démarre son travail à Jasseron, pour entretenir les voies sur une distance moyenne de 10 kilomètres.
Cette équipe commandée par le brigadier-poseur avait pour mission d’assurer la bonne circulation des trains ainsi que l’entretien des emprises du chemin de fer.

La renaissance d'après-guerre
La première guerre mondiale n’a pas contribué à faire progresser une exploitation naissante.
Le manque de matières et de personnel laisse en 1919 des installations en mauvais état.
Il faut rénover, c’est-à-dire dépenser.
Le déficit des lignes fait l’objet de multiples demandes d'aides vers le Conseil Général par les différentes sociétés exploitantes.
Pour mettre un terme à ces exigences, le Département rachète notamment la compagnie des T.A. qui devient la Régie Départementale des Tramways.
Cette administration connaît pendant quinze ans une activité débordante et bienvenue, compte-tenu de l'état dégradé du réseau routier.

Les années « Tramway »
En plus des services quotidiens, le mercredi est un jour chargé pour le tramway. Les voitures sont surpeuplées de paysans qui se rendent au marché de Bourg.
Les cages et les paniers sont glissés sous les banquettes. Souvent, il faut ajouter au train, le grand wagon stationné en permanence à Jasseron car les gens de Drom, Montmerle et des environs viennent prendre le « tacot » à Jasseron.
Les lundis de Pâques et de Pentecôte, lors des rendez-vous de prières à Notre Dame des Conches, les pèlerins envahissent le tramway.

Au-delà du transport des voyageurs, Jasseron a connu les trains de cailloux. Les brèches dans la montagne de Roissiat, de Pressiat et même de Jasseron sont là pour témoigner des transports de pierres par le rail.

Le déclin
Les évènements de 1936 ont pour effets d’accorder au personnel des salaires convenables.
La charge financière devient de plus en plus importante et les déficits s'accumulent.
Les automobiles sont plus nombreuses et leur circulation nécessite le besoin d’élargissement de la route sur l’emprise d’accotement de la voie ferrée.

Le tramway est condamné. En 1938, les premiers cars prennent la succession du train alors que les lueurs d’un deuxième conflit apparaissaient.

La fin du rail et son démantèlement
La voie ferrée abandonnée laisse à la proie des ferrailleurs le matériel roulant. Locomotives et châssis de wagons subissent la flamme du découpage.
Les caisses récupérées deviennent des cabanes de jardin ou des vestiaires de stades.

En Septembre 1939 survient la mobilisation militaire suivie de l’appel du gouvernement à l’acier victorieux.

La dépose des voies commence.
Les rails du tramway sont récupérés pour la défense nationale et sont envoyés vers Châteauroux pour construire l’armature du dôme d’une usine souterraine d’aviation.
Les traverses relevées par une compagnie de militaires cantonnée au village, s’édifient en barrages sommaires pour retarder l'accès du village de la progression ennemie.
Les véhicules de remplacement du tramway, que possède la Régie ont, entre-temps, fait l’objet d’une réquisition par l’armée.
Dans un premier temps, les services du transport ne sont plus assurés. Plus tard, le tramway est remplacé par des « guimbardes » équipées de gazo-bois.

La disparition des traces du tramway
Le déclassement des lignes consacre le dernier acte.
Les terrains rétrocédés redonnent forme aux parcelles initiales.
Certains tronçons deviennent des chemins de desserte.
Les parcours en bordure de route servent à l’élargissement des voies.
Enfin, la gare de Jasseron acquise par la commune est affectée, pour son emplacement à des dépôts de matériaux routiers.
Son bâtiment est utilisé comme logement un temps, puis est squatté avant de prendre feu et d'être rasé.

D.D.

 

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